Pollution…

Haro sur le moteur diesel ! C’est le principal responsable de tous nos maux. Vous qui avez un véhicule diesel (à une époque, on disait que cela émettait moins de CO2, donc que cela polluait moins…), changez de véhicule, achetez-vous une voiture électrique, ou mieux prenez le train. Ou mieux encore, restez chez vous.

Nous avons probablement tous compris qu’un véhicule à moteur diesel pollue « plus » qu’un véhicule à moteur à essence. Mais malheureusement, cette affirmation est discutable. Il faudrait encore préciser selon quel critère on évalue la pollution; ici, ce sont les NOx (oxydes d’azote) qui sont considérés. Les oxydes d’azote ne sont que peu impliqués dans le processus d’effet de serre, responsable du réchauffement climatique, mais fortement impliqués dans les considérations de santé publique par leur effet cancérigène.  Donc, du point de vue du réchauffement climatique, un diesel pollue souvent moins qu’un moteur à essence, car en consommant moins, il émet moins de CO2… Mais voilà, comme il n’existe pas de métrique de la pollution (et comment la définirait-on ?), définir « ce qui pollue plus ou moins » reste sujet à caution. Ce qui permet par exemple à l’ineffable président des Etats-Unis d’Amérique de parler d’énergies fossiles « propres » (il faut l’entendre pour y croire !).

Une fois qu’on aura jeté tous ces véhicules diesel à la poubelle (non, au recyclage, pardon), on respirera mieux. En attendant, allons respirer l’air pur du large en faisant une croisière en mer… Il semblerait que ce que l’on respire sur les gros paquebots n’est pas triste non plus : les quelques dizaines de bateaux les plus volumineux du monde polluent à eux seuls plus que l’ensemble des véhicules automobiles de la planète. Et les substances rejetées sont assez nocives, notamment les oxydes de soufre que l’on soupçonne d’ores et déjà de provoquer des milliers de morts dans les zones côtières. Sans parler du CO2 rejeté, aussi à l’arrêt, par les gros paquebots de croisière qui doivent faire marcher la climatisation, les cuisines et la petite ville qu’ils abritent, tout ça avec des carburants de très mauvaise qualité. Il faudrait peut-être aussi se préoccuper de remplacer ces monstres marins, pendant que l’on y est, non ? 

Mais voilà, politiquement, les bateaux, on s’en fiche un peu; et on en a besoin pour le commerce mondial, alors bon… C’est comme l’avion; j’avais collaboré un temps à un mouvement qui se voulait écolo, et il y avait plein de retraités (comme moi) qui parlaient de protocole de Kyoto ou de COP 21 en faisant des voyages en avion aux quatre coins du monde pour profiter de leur temps libre, sachant qu’un long porteur consomme autant qu’un Grand Prix de Formule 1 simplement au décollage… Mais il est de bon ton de critiquer la formule 1 (que je ne défends pas, pour ma part, en tous cas), alors que tenter quelque chose pour rendre l’avion moins polluant risquerait de faire monter le prix du billet de Ryan Air ou Easy Jet.

Tant que le débat climatique se limitera à des mesures ponctuelles prises ça et là pour se donner bonne conscience en gardant son porte-monnaie fermé, les progrès resteront forcément assez limités. Et on se dira toujours que le réchauffement n’est peut-être pas si grave que cela, qu’on fera autre chose que du ski l’hiver, et que de toutes façons, d’ici là, il y a encore le temps… 

J’espère que tout le monde passe de bonnes vacances; n’hésitez pas à partir avec votre voiture diesel, vous polluerez moins qu’avec une croisière Costa en Méditerrannée.

 

 

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