Les besoins de Valérie

Valérie a fait un gros caca. Ça ne sent pas vraiment la rose, mais ça soulage ; enfin, on l’espère pour elle. La vengeance, ça sert à ça, mais il est rare que cela guérisse les plaies.

Être roi de France et se prénommer François semble impliquer une vie sentimentale quelque peu mouvementée. Rappelez-vous :

François 1er (1494-1547) a été atteint de la syphilis en 1524 ; malgré l’hygiène parfois douteuse de l’époque, on peut estimer que ce n’est pas sur la lunette des W.C. qu’il avait contracté la maladie. Non, François 1er était plutôt du genre « plusieurs femmes dans chaque château ». (Il disait : « Une cour sans femmes, c’est comme un jardin sans fleurs »). Et il avait beaucoup de châteaux, quand il n’en faisait pas construire de nouveaux. Comme quoi, au lieu de financer les arts et se faire construire une petite résidence secondaire à Chambord où il passa tout de même une quinzaine de jours, il aurait mieux fait de financer les sciences, la biologie en particulier pour inventer la pénicilline trois cents ans avant Pasteur : cela lui aurait fait plus d’usage.

François II (1916-1996) a fait fort lui aussi, puisqu’il a revisité le concept de l’épouse morganatique. Bon, tout le monde était au courant, mais les proches et les journalistes de l’époque avaient encore le respect de l’autorité établie et ne faisaient pas de déballage public. Ce n’est qu’en 1994, peu de temps avant le décès de François II qu’on apprit l’existence de Mazarine, sa fille naturelle.

Ce qui nous ramène à François III. Depuis le début de son règne, on pressent que ce monarque, c’est un peu Gaston Lagaffe, le côté comique en moins, le côté pathétique en plus. Il suffit de le voir présider une cérémonie quelconque sous une pluie battante pour se rendre compte qu’il porte la cerise. Et ce n’est pas parmi ses ministres (parmi lesquels l’ineffable ministre du « Redressement productif », ci-devant démissionnaire, celui-là même qui disait que le seul défaut de Ségolène c’était son compagnon François, justement) qu’il va trouver le soutien nécessaire.

Ceci dit, Valérie aurait pu éviter de frapper un ennemi à terre : ça manque de classe. Quand on est face à un gars qui bat tous les records d’impopularité, à quoi bon en rajouter une couche ? Notez que l’action est peut-être plus subtile qu’il n’y paraît : Valérie est en train de pulvériser les ventes de livres et va se faire un best-seller. Ça va lui faire plein de fric à déclarer aux impôts, et elle contribuera ainsi au redressement financier de la France. Mais bon, même en comptant la TVA, je doute un peu que cela soit suffisant pour remettre les finances de l’État dans le positif…

A la décharge de François III, mentionnons tout de même qu’il a dû succéder à Nicolas Premier (celui qui a réussi à faire croire à certains qu’on pouvait gagner plus en travaillant plus), et qu’il a remplacé au pied levé le putatif Dominique Premier (celui qui recrutait son cheptel chez Dodo la Saumure).  Avec un contexte pareil, tu es forcément marqué à la culotte (si je puis me permettre). Il est quand même étonnant de constater que les monarques français, de quelque bord qu’ils soient, manient avec tant d’aisance la tromperie et le mensonge. Un effet de leurs études quasi incontournables à l’ENA ?

Carlo Collodi avait imaginé un remède souverain contre le mensonge. Pinocchio avait le nez qui s’allongeait à chaque mensonge ; à ce taux-là, les compagnes des monarques français auraient eu meilleur temps, pour embrasser leurs compagnons sur les deux joues, de passer par derrière… ou de passer leur chemin, plus simplement. Et puis, les électeurs auraient rapidement su à quoi s’en tenir (enfin, ceux qui se font encore des illusions sur la politique en général). Cela aurait peut-être pu contribuer à résoudre un certain nombre de problèmes, non ?

Une réflexion sur « Les besoins de Valérie »

  1. Je me régale, c’est croustillant, avec une pointe de piment, un fond d’amertume et tiens, j’en reprendrai bien un morceau…

    ( je possède une aquarelle de M.Jaton, ce qui m’a conduit à des recherches et me voici. Cette aquarelle est pour moi, peintre, bel exemple de virtuosité et délicatesse, ce qui est paradoxal face aux géants enneigés)

    A vous lire…

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