Plusieurs dizaines de fois par jour, tous médias confondus, on est confronté à ce monosyllabe qui fait irrésistiblement penser au bruit incongru d’une flatulence mal maîtrisée lorsqu’il est prononcé. Trump. Que l’on parle d’Ukraine, de Gaza, du Canada, du Groenland, de football, de Karin Keller-Suter ou du prix du café, impossible d’y échapper. Bien sûr, le président des Etats-Unis fait tout pour qu’il en soit ainsi : il veut que l’on parle de lui, qu’on l’admire et qu’on le redoute. Il se veut pôle d’intérêt, comme une mouche qui sans arrêt vous importune et que vous ne parvenez pas à éliminer. Il se veut génial et incontournable alors qu’il n’est qu’un rustre grossier et incapable de respect pour tout ce qui n’est pas sa personne, ou une personne qu’il juge plus forte que lui (Poutine et Xi Jinping, en gros). Il n’a aucune empathie pour les faibles; il juge les Européens timorés, alors il s’ingénie à les humilier. Le fort qui se gausse des plus faibles, c’est son plaisir, c’est le rôle dans lequel il se complaît; c’est dans ce rôle qu’il est le centre des intérêts et des craintes, c’est lui le pôle de toutes les attentions.
Avec son « Board of Peace« , il se veut nombril du monde, alors qu’il n’en est que l’anus.
Il ne connaît qu’une stratégie : exiger la lune en exhibant ses lance-missiles pour obtenir les concessions qu’il souhaite. Pour l’instant, cela marche avec l’Union Européenne, trop divisée pour proposer une réponse appropriée à ce malappris. Mais que l’on se rebelle, et il fait rapidement profil bas; il n’a guère insisté sur les droits de douane lorsque la Chine lui a dit poliment « Va te faire voir », un peu à l’instar de ces petits roquets désagréables qui aboient très fort en faisant mine de vous mordre les mollets, mais qui prennent la fuite dés que l’on se montre un peu menaçant.
Je suis fatigué aussi de tous ces responsables de la politique européenne qui s’aplatissent devant ce satrape inculte et vulgaire lorsqu’il menace de sanctions douanières leurs nations respectives. Perdre quelque argent est une chose désagréable; mais une société qui renonce à ses valeurs pour des raisons mercantiles et financières est une société qui se meurt.
La perfection n’est pas de ce monde, dit-on. Le 47ème président des Etats-Unis fait mentir cet adage : il est en effet le parfait cuistre.
Cette manifestation de mauvaise humeut vous est gracieusement offerte par l’administration américaine, et est exempte de droits de douane.