C’était mieux après…

Je me demande souvent comment cela sera après que j’aie définitivement arrêté de dire des bêtises en ce bas-monde. D’ailleurs, vous pouvez lire dans ma série « Anecdotes du futur » un reflet de ces préoccupations.

Nos politiciens seront-ils toujours aussi brillants ? Nos investissements militaires seront-ils toujours aussi pertinents ? Serons-nous toujours le pays d’accueil enthousiaste d’immigrés que chérit l’UDC ? Nous intégrerons-nous enfin dans une confédération d’Etats apte à répondre aux défis commerciaux et stratégiques que vont poser les dictatures actuelles et naissantes ? Y aura-t-il encore des glaciers dans les Alpes, et l’Europe sera-t-elle encore vivable partout ? Je ne connaîtrai jamais les réponses à ces interrogations, et c’est très bien ainsi.

Il nous arrive souvent, avec des amis, de conclure une discussion où le Côtes-du-Rhône et le Bordeaux ont participé pour le plus grand bonheur des convives et accessoirement pour garantir le sérieux des débats, par « C’était mieux avant« … Soyons justes : une part significative du « mieux » est lié au fait que nous étions plus jeunes, plus forts, plus beaux. Enfin, « beau », ça n’a pas vraiment changé, en réalité. Et je ne veux pas entendre d’objections, hein !

Mais dans notre jeunesse, il y avait un optimisme qui nous poussait en avant; la guerre mondiale était encore dans les mémoires, la guerre froide était bien présente, on est parfois passé à deux doigts du conflit nucléaire entre les deux superpuissances d’alors; mais nous avions finalement confiance en l’avenir, qui ne pouvait être que meilleur, grâce à la science et à la technologie qui allaient résoudre nos problèmes.

Certains problèmes ont été certes résolus, mais en réalité, beaucoup d’autres ont été posés. La confiance en la technologie s’est effritée, mais paradoxalement, on n’en a jamais autant fait usage, pour le meilleur et surtout pour le pire.

Récemment, les géants de la tech ont prédit que grâce à l’intelligence artificielle, l’humanité n’aurait bientôt plus besoin de travailler. Il faut dire que les promesses délirantes sont devenues une habitude sur la planète Trump; mais la réalité finit généralement par rattraper les déclarations. Il me semble assez probable que la majorité des habitants de la terre n’aura plus à travailler à l’époque où nos petits-enfants seront appelés « grand-maman/papa » par leur propre progéniture; mais je crains que ce ne soit par obligation. L’offensive des robots chinois qui se profile à l’horizon de la prochaine décennie pourrait bien rendre de nombreux métiers à faible qualification (éboueurs, parsonnel d’entreprises de nettoyage, manutention dans les entreprises agricoles) rapidement obsolètes, alors même que, parallèlement, l’IA aura envoyé des comptables, des juristes, des programmeurs, des secrétaires et j’en passe à l’office pour la recherche d’emploi. D’ici là, nos politiciens et industriels sauront-ils trouver les moyens de financer un revenu minimal universel ? Le doute m’étreint…

Mais je suis sans doute exagérément pessimiste; Elon Musk a dit que « Ce sera mieux après« . Hormis un scepticisme probablement lié à l’âge, je n’ai pas de raisons d’en douter. Et puis, comme vous me le ferez sans doute remarquer, je ne suis pas vraiment concerné : cela se passera « Après« .

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