Trump, Poutine, Erdogan, Orbàn, le Pen and Co

On l’a déjà dit : les démocraties occidentales sont malades; on ne pensait toutefois pas à ce point. L’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne avait développé un logiciel basé sur un moteur d’intelligence artificielle très sophistiqué qui avait prédit que Hillary Clinton allait gagner presque à coup sûr. Je ne sais en revanche pas si ce même logiciel avait ou non anticipé le Brexit… L’intelligence artificielle a apparemment encore un très long chemin à parcourir avant d’être en mesure de prédire les actions humaines.

Nos démocraties mettent à leur tête de plus en plus souvent des dirigeants qui orientent leur pays plutôt vers le repli sur soi que vers l’ouverture. Dans de nombreux pays, le métier de constructeur de murs va devenir un métier d’avenir… Mais il n’est pas certain que cela représente une solution à long terme. Beaucoup de fleurons de l’industrie suisse nous ont été apportés par l’immigration : les micromécaniciens bourguignons français qui ont passé la frontière pour sauver leurs vies et qui ont fabriqué des montres; les teinturiers allemands qui ont fui l’Allemagne pour s’établir à Bâle et jeter les bases d’une industrie pharmaceutique; jusqu’aux riches Français qui ont mis à l’abri de la république de Genève leurs avoirs lors de la révolution, créant un pool de banques privées unique au monde…

Bon, c’est vrai que ces étrangers occupent des places de travail qui pourraient l’être par des Suisses. Enfin, parfois… De là à élire un polichinelle comme Trump aux commandes du pays le plus puissant du monde… Un pote de Trump a dit de Hillary Clinton qu’elle n’avait pas les couilles (ce qui semble anatomiquement irréfutable) pour détenir les clés de la puissance nucléaire : quant à moi, j’ai toujours eu la faiblesse de croire que ce genre de compétences requérait de l’intelligence, et que cette dernière ne se logeait pas forcément dans un caleçon…

En tous cas, dans le genre, on commence à être bien fournis en dictateurs d’opérette. Le tzar Poutine (admiré par Trump, d’ailleurs) qui commence à bien s’entendre avec Atatürk Erdogan, Orbàn qui a tout pour plaire aux réfugiés, la France qui va se découvrir une Marine le Pen dont le chemin vers la présidence semble tout tracé, et ça fera une copine de plus pour l’ami Donald… Le rêve européen a du plomb dans l’aile, je crains, même s’il a permis soixante ans de paix.

 

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