Jeux de pieds…

Jeux de mains, jeux de vilains, dit l’adage… Que dire alors des jeux de pieds ?

En cette période de mai-juin 2015, le feuilleton FIFA provisoirement conclu par la démission de son président honni Sepp Blatter aura mobilisé les médias. Tout le monde se félicite du départ (peut-être bientôt suivi de quelque action en justice) de son principal dirigeant ainsi que de l’arrestation de quelques dirigeants véreux. On se félicite que « le ménage ait enfin été fait ». Mais cela correspond-il à la réalité ? Il y a peu, un titre affichait fièrement, « Après les magouilles, place à la magie » pour annoncer la finale de la Champion’s League entre le Barça et la Juventus. Comme si les magouilles, c’était du passé… On parle par exemple de la Juventus, club magouilleur entre tous (matchs truqués) qui a utilisé le dopage sans arrières-pensées à une époque relativement récente… Époque proche de celle où le vertueux actuel dirigeant de l’UEFA, Michel Platini, brandissait triomphalement une coupe sinistrement acquise sur penalty devant les cadavres allongés dans les tribunes du stade du Heysel

Comment dites-vous ? Je ne connais rien au football ? Un bon point pour vous, vous avez absolument raison. Il m’arrive de regarder un match à la télévision, lorsque la paresse me gagne et que je n’ai pas de photos récentes à classer; et Lionel Messi est tout de même plus agréable à regarder que l’épisode 41324 de « Another Crime in the City », mais voilà, ça ne va pas beaucoup plus loin. Et l’identité du vainqueur m’indiffère; ou plutôt, je la connais déjà avant le match : ce sont les dirigeants de l’UEFA, de la FIFA et des organisations associées dans l’évènement.

Que Sepp Blatter, un compatriote (désolé pour moi, je plaide non coupable…), soit véreux, on peut en être raisonnablement certain, même si à l’heure actuelle (13.06.2015) il n’a pas encore été inculpé. Que la FIFA soit minée par la corruption, cela ne fait pas le moindre doute, même si les accusateurs principaux ne sont probablement pas aussi vertueux  et désintéressés qu’ils veulent bien le laisser entendre. Mais laisser entendre que faire le ménage à la FIFA suffira pour rendre sa virginité à la planète football, même le regretté Coluche, voire le non moins regretté Pierre Desproges n’auraient pas osé ce genre de dérision (et je pense que cela ne les aurait absolument pas intéressés, d’ailleurs).

Comment imaginer, alors que l’on avance des sommes qui s’écrivent avec dix chiffres (en euros, je précise) pour un évènement comme un « Mundial » (ah oui, si tu dis « championnat du monde » t’es ringard !), que les gens parviennent à rester honnêtes, à notre époque où la notoriété est devenue un concept mesurable à l’aune d’un compte en banque, et qu’on chiffre la valeur d’un « sportif » au montant du transfert d’un club à un autre ? Surtout quand ce transfert sert surtout à priver un club adversaire de la présence de tel joueur…

Le sport est un merveilleux exutoire pour la jeunesse; mais la définition du mot « sport » est actuellement pervertie. Par la popularité, les médias, la notoriété; toutes notions qui impliquent de l’argent; et l’argent est porteur de convoitise. La convoitise est à la base de la corruption; de fait, la corruption de la FIFA et de l’UEFA ne sont que le reflet de la corruption du football (et pas que du football, mais bon, on va pas non plus s’éterniser, hein ?). « Faire le ménage » de la FIFA ne va rien changer (à part le fait en soi bénéfique qu’un troupeau de vieillards sera mis à la retraite où ils auraient dû aller il y a longtemps). Virer Blatter ? Oui, très bien, mais il est plus que probable qu’on ne virera ainsi que l’extrême pointe d’un iceberg et que le système va perdurer, peut-être un peu plus prudent qu’avant…

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