Gitzifurgge

La classique de la Gitzifurgge (25 km de distance horizontale) est très courue, à tel point qu’on a l’impression d’une piste, certains dimanches. Tout concourt à faire de cette course un itinéraire populaire : peu de montées (237 mètres pour la plus importante, à laquelle s’ajoutent une vingtaine de mètres au départ de la station terminale du Hockenhorn, une dizaine de mètres sur le plateau de la Gemmi, et avec de la malchance, encore cinquante mètres à Sunnbuehl au-dessus de Kandersteg), beaucoup de descentes (3358 mètres au total !), charge minimale (restaurants sur le chemin), peu de danger (sauf au début de la descente sur Leukerbad, sous le Ferdenrothorn), une vue impressionante sur les Alpes Valaisannes et sur le groupe du Balmhorn dont on fait le tour… Que demande le peuple ? En semaine, l’itinéraire est moins fréquenté, et si l’on a la chance de l’entreprendre après une chute de neige… quelle descente sur Leukerbad !

HockenhornSituation : Oberland Bernois (Berne-Valais)

Difficulté, altitude : Facile, 3293 m au sommet du Hockenhorn

Horaire : 1 jour, mais il n’est pas interdit de traîner en chemin

Matériel :

Peaux de phoques, couteaux. Pas besoin de bouteille, à moins qu’on veuille fêter le Hockenhorn; il y a de nombreuses possibilités de ravitaillement.

Période favorable :

Mars, avril (gare à la fermeture des installations de Lauchernalp !). En cas de neige fraîche, la descente sur le Lötschenpass et tout le secteur de la Gemmi jusqu’à Sunnbuehl peuvent s’avérer pénibles (descentes peu pentues et faux-plat à tracer), et rendre l’horaire aléatoire.

Itinéraire :

Gagner Goppenstein, à l’entrée du Lötschental et à l’extrémité Sud du tunnel du Lötschberg en voiture ou en train. La course est également faisable depuis Kandersteg. De là, prendre la poste en direction du village de Wyler, où on empruntera les remontées mécaniques en direction de Lauchernalp (contrôler les dates et heures d’ouverture de Lauchernalp !). Du sommet des installations, l’alternative « physique » (pas trop quand même) mêne au Hockenhorn; l’alternative paresseuse évite le sommet pour gagner directement le Lötschenpass.  Traverser vers l’arête Ouest que l’on remontera à pied (variante physique) ou que l’on méprisera sous un prétexte (vraiment) quelconque (variante la-journée-sera-encore-longue). On descend ensuite à skis la crête large et facile en direction du Lötschenpass. Le Klein Hockenhorn se contourne par le Nord.

Du Lötschenpass, remettre les peaux de phoque (pas moyen d’y couper, mais moins d’une heure) pour gagner la Gitzifurgge, au pied du Balmhorn. L’itinéraire remonte le Ferdengletscher vers le col bien marqué entre le Balmhorn et le Ferdenrothorn.

De la Gitzifurgge, on descend en direction de Leukerbad. Emprunter le Dalagletscher vers le sud-ouest, puis traverser la pente du Ferdenrothorn et du Majinghorn en direction de Flüealp. Ce secteur peut être risqué si le danger d’avalanches est marqué. De Flüealp, on continue en faux-plat jusque vers Majingalp (en restant assez haut au-dessus de Flüealp, on peut limiter les risques de devoir pousser !); la forêt de Tschalfinuwald se contourne à droite, et on suit une route jusqu’à rejoindre les pistes de ski (télésiège « Obere Maresse ») que l’on descend jusqu’à Leukerbad.

Si l’on a prévu la course sur deux jours, on ne manquera pas d’honorer l’un ou l’autre restaurant de Leukerbad, voire de tester l’Alpentherme (cause de la ruine de Loëche-les-Bains) ou le Burgerbad (un maillot de bain n’est pas lourd, et ça se loue facilement !). On peut aussi faire ses courses pour le repas du soir, si la cabane est non gardée. En revanche, si l’on effectue le tour sur 1 jour, il faut poursuivre sans attendre pour avoir encore des conditions acceptables en fin de raid.

De Leukerbad, prendre le téléphérique du col de la Gemmi. Ceux qui font la course en 1 jour descendent directement sur le Daubensee et gagnent tant bien que mal (plat, il faut pousser !) son extrémité Est, en direction de Schwarenbach. Pour ceux qui font la course sur deux jours, descendre en direction générale Ouest en direction de Lämmerenboden, en perdant le moins d’altitude possible, remettre les peaux de phoque pour atteindre la cabane Lämmeren, bien visible depuis le col de la Gemmi. (1 heure de marche à tout casser !). Vu le peu de dénivelé à couvrir, il vaut la peine de traînasser un peu au col de la Gemmi, voire d’y manger un morceau si cela n’a pas été fait à Leukerbad. Cette possibilité est intéressante si la cabane est non gardée.

GemmiSMLe lendemain, on pourra tôt le matin monter au Rothorn (3102m) ou au Schwarzhorn (3104m), voire envisager la traversée partielle du Wildstrubel avant de revenir vers la Lämmerenhütte et de rejoindre l’itinéraire précédent à l’extrémité du Daubensee.

De l’extrémité Est du Daubensee, gagner par une courte remontée, puis une petite descente, l’hôtel Schwarenbach, puis descendre en direction de Stock (en fait, on doit d’abord traverser un long faux-plat), puis après une courte descente, un nouveau long faux-plat mêne à Spittelmatte. A mi-chemin, vers Spitelmatte, un petit téleski permet de regagner 100 m; en cas de non-fonctionnement, on remettra les peaux de phoque en suivant la route sur un dénivelé de 50m, jusqu’à l’hôtel de Sunnbuehl. A partir de là, on est sur les pistes de Eggeschwand / Kandersteg, et on les suivra jusqu’à Kandersteg. En fin de saison, la piste de descente est souvent fermée; il est néanmoins possible de descendre à skis sur les restes d’avalanches; ou plus simplement, d’emprunter la télécabine qui ramène à Kandersteg.

Arrivé à Kandersteg, on se dirigera vers la gare pour reprendre le train et le tunnel du Lötschberg en direction de Goppenstein d’où l’on est parti, peut-être le matin même… La gare s’atteint en poussant sur le faux-plat le long de la piste de ski de fond jusqu’au village (20 minutes environ). Il est aussi possible, si l’on arrive avant la fermeture des installations de Eggeschwand / Sunnbuehl, de gagner le départ de la télécabine, d’où un service de bus mêne devant la gare. Il est possible, si l’on a laissé sa voiture au parking de Lauchernalp, de demander un billet pour Wiler/Lauchernalp directement à la gare de Kandersteg.

Alternatives :

Si l’on a une semaine à disposition, et que de surcroît l’on est bon skieur et bon alpiniste (et corollairement, en très bonne forme physique), il existe une somptueuse combinaison au départ de l’hôtel Schwarenbach : Rinderhorn le premier jour, Balmhorn le deuxième, et pour le dessert la fantastique face Nord-Est de l’Altels (l’une des plus exceptionnelles descentes à skis des Alpes Suisses, mais courts passages proches de 40 degrés tout de même…). Mais il faut bénéficier d’une très bonne forme physique, car les dénivelés journaliers sont importants. De plus, pour l’Altels, les conditions de neige ne sont pas toujours optimales en ces temps de réchauffement climatique marqué.

Références :

L’Oberland Bernois à skis, par Hans Grossen et Daniel Anker

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