Champéry-Chamonix

Situation :

Ce raid n’est pas un classique; la mode actuelle est plutôt aux tours qui permettent de retrouver la voiture à l’arrivée. Et pourtant,quels plaisirs réserve cette excursion de 4 ou 5 jours ! Autre avantage d’un raid non circulaire : on peut décider de changer d’itinéraire n’importe où, de prolonger la promenade si l’on en a le temps, voire d’abréger en cas de conditions défavorables.


Difficulté, altitude : PE (piéton expérimenté), F en début de saison, 2494 m au col de Susanfe, 2462 m au col d’Emaney, 2481 m au col de Barberine, 2645 m au col de la Terrasse, 3257 m au sommet de la Haute Cime

Horaire :

Champéry-Susanfe : 5 heures (attention, l’accès à Champéry prend beaucoup de temps, prévoir une bonne marge)

Susanfe-Salanfe : 3 heures sans passer par le sommet de la Haute Cime; la Haute Cime en aller-retour demande 4 à 5 heures supplémentaires.

Salanfe-Emosson : 5 heures

Emosson-Col de la Terrasse-Chalets de Loriaz : 6 heures

Loriaz-Les Praz de Chamonix : 7 heures

Matériel :

Randonnée à pied. Petit piolet pas inutile en début de saison, ou pour gravir la Haute Cime. Dans le même ordre d’idées, une cordelette de 20 m en 6 mm peut s’avérer utile dans certains passages de névés.

Période favorable :

Fin juin à novembre en cas d’été indien


Itinéraire :

Gagner Champéry en utilisant le chemin de fer Aigle-Ollon-Monthey-Champéry, au départ de la gare d’Aigle bien desservie par le chemin de fer. Les automobilistes invétérés n’ont pas de chance : l’utilisation de l’automobile est très défavorable dans cet itinéraire, même en utilisant plusieurs véhicules. Pour les automobilistes ayant beaucoup de temps devant eux, en revanche, il est tout à fait possible de revenir de Chamonix à Champéry par un autre itinéraire (envers des Aiguilles Rouges, Samoëns, Sixt, Fer à Cheval, Comba Mornay, par exemple); ainsi, on retrouve sa petite voiture en fin de raid.

De la gare de Champéry, poursuivre sur la route en direction du Grand Paradis; après la sortie de Champéry, un garage indique le chemin le plus court, par le Roc Coupé et Rossétan : pour cet itinéraire, à la hauteur du garage on traverse la Vièze et on pénètre dans un petit vallon où court le torrent appelé La Saufla. On rejoint ensuite l’itinéraire de Bonavau, nettement plus long puisqu’il exige de monter jusqu’à La Barmaz, mais qui présente l’avantage de passer par la buvette de Bonavau. Avantage relatif d’ailleurs, puisque l’on court le danger de rester coincé sur le petit terre-plein de Bonavau, tant l’endroit est beau et l’accueil sympathique.

En poursuivant le chemin de la cabane de Susanfe, on entre dans le spectaculaire Pas d’Encel : en saison, de véritables champs de fleurs naissent entre les rochers; en particulier, la grande Ancolie des Alpes y est commune ! On débouche ensuite dans le vallon de Susanfe que l’on suit encore pendant une heure pour parvenir au refuge.

Le refuge est très sympathique, mais souvent bondé l’été, en raison de son rôle de gîte d’étape sur le tour des Dents-du-Midi: il vaut donc mieux réserver. L’accueil est très agréable, la restauration bonne, les tartes aux pommes succulentes, mais l’accès au dortoir est assez difficile: alors que dire de la descente de ce même dortoir en pleine nuit avec une vessie surmenée !

Le lendemain, on gagnera par une montée d’une heure environ le col de Susanfe. Depuis là, il serait dommage de se priver de l’ascension de la Haute Cime, si les conditions sont bonnes; un piolet par personne, et une cordelette peuvent s’avérer très utiles en début de saison. La Haute Cime se fait en aller-retour. Depuis le col de Susanfe, le chemin est bien marqué jusqu’à l’auberge de Salanfe.

De Salanfe, suivre le bord du lac en direction (sud-ouest) du col d’Emaney. La dernière fois que je suis passé par là, l’horaire indiquait 4 heures 15 pour Emosson, et après une demi-heure de marche, un autre panneau indiquait 4 heures 30… Ne pas se fier aux indicateurs pour planifier une grasse matinée ! D’ailleurs, on marche bien mieux le matin, c’est connu. La montée au col d’Emaney est bien marquée, mais assez rude. L’arrivée au col est spectaculaire, avec les Alpes qui se découvrent d’un coup du Mont Blanc jusqu’au fond du Valais. On étudiera du haut du col l’itinéraire à suivre pour le col de Barberine, bien visible à l’extrémité de la crète des Monts d’Aboillon.

Du col, on descend dans le vallon d’Emaney (en juillet, on a parfois l’impression qu’il y a plus de fleurs que d’herbe !), et dés que possible, on quitte le sentier pour rester le plus haut possible sous les Monts d’Aboillon, en veillant toutefois à ne pas s’exposer aux chutes de pierre toujours possibles et même fréquentes dans ce type de rocher. On rejoint le sentier du col de Barberine sur une moraine raide qui permet d’accéder au vallon menant au col.

Au sortir de la moraine, et en début de saison, on prendra garde au passage du torrent, qui peut être délicat pour des personnes peu expérimentées. Plutôt que de passer à la base du névé, au risque de crever la couche neigeuse et d’être précipité dans le vide, monter de quelques mètres à droite, puis traverser le névé (raide, petit piolet utile). Ensuite, le chemin est assez évident; au mois de juillet, la neige recouvre tout le fond du vallon. Il vaut mieux s’élever à droite (rive gauche) du vallon pour parvenir au col de Barberine.

Du col, on descend par le sentier bien marqué, généralement exempt de neige en direction du lac d’Emosson. En cas de neige, rester d’abord assez à droite puis gagner le fond du vallon dès que la pente devient moins raide. Ensuite, on suit le chemin carossable le long du barrage d’Emosson. Au bout d’un temps, le chemin devient route goudronnée, et se termine de manière peu sympathique dans un long tunnel et sur le parking d’Emosson.

Il est possible de dormir dans des dortoirs confortables (avec douches) au barrage d’Emosson, mais il s’agit d’un grand restaurant, et le béton y domine. L’ambiance n’est donc pas franchement « cabane de montagne », mais plutôt « colonie de vacances ». Pour trouver un gîte plus pittoresque, il y a deux solutions : ou continuer sur l’itinéraire proposé ici (route goudronnée, raccourci dans le fond de la combe du Vieux) en traversant la pile du barrage en direction du barrage du Vieux Emosson et du refuge du même nom (s’assurer qu’il y a de la place, des travaux conséquents ont eu lieu en 2013 en même temps que l’augmentation de la capacité de production des installations), ou obliquer dès le barrage dépassé à gauche, en direction du col du Passet et des chalets de Loriaz. Dans la deuxième possibilité, on écourte le raid d’un jour, et on se prive du site des traces de dinosaure.

Suivre le chemin le long du lac du Vieux Emosson, puis emprunter le vallon qui mène au col des Corbeaux. Vers 2500 m environ, repérer une grande dalle à gauche (rive droite du vallon) partiellement recouverte de neige en juillet. Cette dalle est recouverte d’empreintes de dinosaure: les plus spectaculaires sont au bas de la dalle; en début de saison, elles sont donc invisibles.

Ensuite, continuer dans la même direction générale, et obliquer à gauche sous le col des Corbeaux pour atteindre un petit plateau que l’on traverse direction Est pour parvenir au col de la Terrasse. La descente du col en direction des chalets de Loriaz est spectaculaire, et déconseillée aux personnes souffrant de vertige, ou simplement impressionables; en revanche, elle est sans danger en l’absence de neige. Une petite corde peut s’avérer utile pour rassurer les personnes craintives. Arrivé au bas du cône d’avalanche, le chemin menant aux chalets de Loriaz (1990m) est bien marqué. Il faut réserver si l’on veut passer la nuit aux chalets de Loriaz.

De Loriaz, descendre en direction du hameau du Couteray par un sentier bien marqué d’abord, puis par une route carossable pour rejoindre la route nationale du col des Montets que l’on remonte en direction du col. Passé une pension de vacances à droite de la route en montant, (on peut aussi se fier à l’odeur : les égouts se déversent à cet endroit !) il est possible d’emprunter l’ancien chemin muletier du col en traversant la rivière (point 1366m). Au col, on peut faire une pause pour admirer le très beau jardin alpin.

Ensuite, sur la droite (ouest), emprunter un chemin confortable mais raide qui mène au balcon du Mont Blanc. On entre ainsi dans la réserve nationale des Aiguilles Rouges de Chamonix. La montée est rude (env. 800 m), mais annonce la fin du voyage. Suivre ensuite le sentier menant à la Flégère, en s’arrêtant pour pique-niquer aux magnifiques lacs de Chésery, par exemple, ou en remontant au refuge du Lac Blanc (une demi-heure supplémentaire). Ce refuge permet de prolonger le séjour face au Mont Blanc pour ceux qui ont le temps de le faire. Mais attention, il est souvent bondé !

Arrivé à la Flégère, il est possible d’emprunter la télécabine pour rejoindre les Praz de Chamonix, ou le petit chemin qui serpente à travers la forêt. Il est d’ailleurs aussi possible de renoncer à arriver à la Flégère et son hôtel moche, et dés les chalets de Chésery redescendre en direction d’Argentières: on prendra le train à Argentières, du coup. Si l’on pousse jusqu’aux Praz, il faut, depuis la station d’arrivée de la télécabine (vers laquelle on parvient de toutes façons), se diriger vers l’église, puis suivre la route à gauche, traverser un rond-point, et parvenir à la voie de chemin de fer à partir de laquelle la gare est indiquée.

Lorsque nous avons fait ce raid, la correspondance à Martigny s’est avérée très serrée, et interdisait de prendre un billet pour revenir à Aigle. Il est prudent de se renseigner auprès du contrôleur dès la station du Châtelard (changement de train) passée; si cette correspondance est trop « juste », on peut demander au contrôleur de faire préparer le billet qui vous attendra à la station de Vernayaz.

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