Marcel Jaton (1891-1969)

Marcel Jaton est né le 25 juillet 1891, à Bière, dans le canton de Vaud, Suisse,
de Henri Léonard Jaton et Lise Julie Fleury. Il était donc tout à fait apte,
à 23 ans, à s'engager au service de la Suisse lors de la première guerre mondiale
de 1914 à 1918. Il l'était toujours d'ailleurs, à 48 ans, pour être engagé lors
de la deuxième guerre mondiale de 1939 à 1945, mais en vétéran cette fois, ce
qu'en Suisse on nommait "landwehr". La "landwehr" a aujourd'hui disparu; heureusement.
Toujours est-il que Marcel Jaton a vécu deux guerres mondiales en tant que membre actif,
et cette expérience a bien sûr profondément influencé sa vie, comme celle de tous ceux
qui ont dû passer par cette expérience.
Très tôt (dés l'âge de vingt ans, si l'on en croit les oeuvres parvenues jusqu'à nous),
il s'éveille au dessin et à la peinture, mais aussi et surtout à la montagne. La
précision de son trait alliée à une remarquable rapidité d'exécution lui permettent
d'emporter son matériel à peinture avec lui dans ses courses de montagne, et de réaliser
ses oeuvres "in situ", en quelques minutes, accroupi sur un caillou ou dans la neige,
dans des conditions météorologiques parfois exécrables. Il essaie aussi d'allier
son travail et sa passion artistique en choisissant le métier de dessinateur.
Sa carrière sera hélas fortement perturbée par les deux guerres traversées, et il
devra attendre l'entre-deux guerres pour obtenir un diplôme d'architecte qu'il ne
pourra exercer réellement qu'après la deuxième guerre mondiale.

Sa passion pour la montagne, et pour le ski, va le conduire au fil des années
sur pratiquement tous les 4000 des Alpes, et ceci à une époque où les déplacements
ne sont guère aisés pour des gens peu fortunés. Souvent, les déplacements se font à vélo,
sac de montagne lourdement lesté (corde de chanvre, crampons en acier, piolet en bois,
subsistance, etc...) sur le porte-bagages : depuis Lausanne, relier le Valais n'est pas
toujours facile, et s'encombrer d'un nécessaire de peinture pourrait rebuter certains.
L'aquarelle demande moins de matériel que la peinture à l'huile, toutefois, et c'est
certainement un des motifs qui ont poussé Marcel Jaton à centrer son oeuvre sur
cette technique plutôt considérée comme mineure. En revanche, la boîte de crayons
de couleurs est également du voyage, ce qui fait somme toute, avec le papier un
lest d'un kilo et demi supplémentaire. L'équivalent d'un reflex numérique moderne avec un
objectif supplémentaire; mais tout de même un peu moins de rapidité à effectuer une
prise de vues...

A skis, il sera dans les années 20, l'un des pionniers du virage parallèle. Il
amènera ses skis en hickory massif de 2m10 de long et pesant près de 10 kilos au sommet du Dolent, et sur beaucoup
d'autres sommets encore actuellement considérés comme pénibles, alors que le poids du
matériel est devenu incomparablement plus faible. Il ramènera une trace peinte ou
dessinée de pratiquement toutes ses courses. Son amour de la neige et de l'hiver
est également très visible dans son oeuvre : les paysages de neige sont en effet
très bien rendus, comme si la sensibilité donnait une dimension supplémentaire à
l'aquarelle.

Pour se rapprocher de sa montagne, lui qui travaille à Lausanne, il loue un chalet sans
confort aux Collatels sur Bex, dans le Chablais Vaudois. Cette location aura une
influence déterminante sur lui, puisque c'est dans cette région qu'il décidera
finalement de s'établir, en acquérant la propriété des Monts sur Bex, actuellement
habitée par son fils, et hôte du site Web que vous visitez en ce moment.
Sa peinture est influencée par le choix du Chablais Vaudois comme lieu de résidence;
les sujets vont beaucoup tourner autour de cette région, et la Cime de l'Est des
Dents du Midi, figure emblématique de la région, ainsi que le Grand Muveran,
vont constituer des modèles que l'on va retrouver très fréquemment dés cette
période. Ceci va s'accentuer par la suite, dés que ses obligations d'une part, et
l'âge d'autre part ne lui permettront plus qu'occasionnellement de faire de grandes
courses.
La fin de sa vie sera marquée par la maladie d'Alzheimer, celle qu'à cette époque,
on appelle "artério-sclérose cérébrale". Curieusement, au plus fort de sa maladie,
quand il ne reconnaîtra plus ni femme ni enfant, il parviendra à identifier
aisément les sommets, en particulier les sommets qu'il a peints en aquarelle.
Marcel Jaton est décédé le 6 mai 1969.
Je vous invite maintenant à vous promener dans son oeuvre très riche, en dessins,
articles, et surtout en aquarelles. Les reproductions que vous trouverez sur ce site sont
de qualité médiocre; elle ne sont là que pour vous donner une idée de l'aspect
des oeuvres, et ne donnent pas vraiment unereprésentation fidèle des oeuvres originales.
Si vous êtes intéressé par l'une ou l'autre peinture, veuillez contacter
directement le responsable du site, à l'adresse suivante : markus.jaton(at)lesmonts.ch.
Vous remplacerez dans votre envoi de courriel "(at)" par "@",. pour réaliser une
adresse selon la syntaxe habituelle. Je vous répondrai dés que possible. Je vous
souhaite un beau voyage parmi les peintures de Marcel Jaton.