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Le très regretté guide Rodolphe Giacomini (décédé en 2000) a longtemps fait figure de légende dans les Alpes Vaudoises, voire dans les Alpes tout court. Il fut une époque où l'on allait à Anzeindaz parce que le refuge qu'il avait crée de toutes pièces existait : les fleurs, les chamois et les marmottes venaient après, du genre "Ah, il y a aussi des chamois et des fleurs ! Mais c'est le top, ici !". L'accueil était pittoresque : la cuisine était excellente, avec un gratin montagnard justement réputé, et le maître des lieux ne se privait pas de plaisanteries qui ne plaisaient pas toujours à tout un chacun. Situé un peu au-dessous de la cabane Barraud, le refuge fit, lors de ses plus belles années, de l'ombre à la cabane qui du coup s'en trouvait non gardée. Le départ du maître d'Anzeindaz, comme on l'appelait, a modifié la donne. Ses successeurs avaient pour tâche de faire oublier Rodolphe; mais oublie-t-on une légende ? La fréquentation avait fortement baissé, et si le cadre restait inchangé, l'ambiance tendait vers le quelconque. Mais récemment, le refuge a été repris par la famille Willy Berra (qui s'était fait précédemment fait une réputation à la cabane du Trient); ensemble, ils ont redonné au refuge une partie de son ancienne notoriété. La cuisine y est bonne, voire très bonne, l'accueil est sympa, encore que moins pittoresque que jadis. On peut à nouveau recommander chaudement l'endroit. Et à fin juin, la floraison d'Anzeindaz est tout à fait exceptionnelle ! Le gratin montagnard d'Anzeindaz a ainsi retrouvé son importance primordiale dans la gastronomie des Alpes Vaudoises. Une combinaison intéressante, au début de l'été, consiste à monter le matin, passer vers 10 heures pour demander à la charmante patronne de vous mettre un petit coin de côté pour 13-14 heures, aller se ballader dans les fleurs (demandez des tuyaux à cette même patronne, à moins de faire confiance à votre serviteur), venir manger (le gratin est inévitable, mais il y a d'autres surprises agréables à essayer), et de jouir de l'après-midi, en faisant encore une petite promenade digestive. Et si vous restez un peu scotché à Anzeinde, c'est que vous devenez épicurien; rien ne vous empêche de demander s'il reste une petite place pour le repas du soir sur la terrasse. En été, on descend encore très bien vers 21 heures à Solalex; et ça permet de dissiper quelque peu les éventuels miasmes du pot de Dôle qui a accompagné le repas... L'accès est toujours aussi facile, en une heure depuis Solalex ou en quart d'heure avec les tout-terrains qui font office de taxi en été. En hiver, le refuge n'est plus ouvert, sinon en fin de printemps, certains week-end. Pour les possibilités, on se référera à celles indiquées pour la cabane Barraud.
(de 1960 à 2003) |