bertol

 

 

Cabane de Bertol

CAS, section Neuchâteloise

Bertol est une cabane particulière à plus d'un titre; sa situation, perchée sur un éperon rocheux dominant le col de Bertol, son accès nécessitant l'utilisation d'échelles, voire de crampons certains étés particulièrement secs, et ses toilettes au fumet -disons inimitable (encore que de sérieux progrès aient été faits récemment) contribuent à faire une légende de cette cabane. La vue de la cabane est magnifique, avec un point de vue original sur le Cervin. La situation de la cabane, juchée sur son éperon rocheux, est certes spectaculaire, et rend la cabane visible de très loin. Du point de vue publicitaire, il s'agit certainement d'un succès; par contre, cette position a deux inconvénients majeurs : l'eau d'abord, rare en été, et dont souffre l'installation sanitaire de la cabane, et le risque d'incendie ensuite, toujours présent dans une cabane chauffée au bois, mais qui est particulièrement inquiétant à Bertol, puisque le chemin d'évasion passe très près de la cabane, et que c'est le seul possible, à part une hypothétique évasion par le clocher de Bertol pour bons grimpeurs.

Bertol est incontournable pour nombre de courses d'été, comme les Douves Blanches, La Tsa ou les Bouquetins; d'autres courses, comme les Dents de Bertol ou l'arête de Bertol, sont moins fréquentées, mais non moins belles. En hiver, la plupart des courses peuvent être également envisagées depuis les Bouquetins, mais de manière plus physique. Les grandes classiques sont la traversée Arolla-Zermatt par Tête Blanche, et Arolla-Ferpècle par Tête Blanche. On oublie malheureusement trop souvent la Tête de Valpelline, avec son point de vue époustouflant sur la Dent d'Hérens. On peut également envisager d'atteindre la cabane de la Dent Blanche depuis Bertol : certains considèrent même que c'est le seul chemin d'accès raisonnable à la cabane de la Dent Blanche. Enfin, il est possible d'atteindre le rifugio Aosta par le col des Bouquetins et le col de la Division.

L'accueil des gardiens est fort sympathique, et s'est beaucoup amélioré depuis la reprise de la cabane après le départ du presque légendaire Jean Favre. Mais il s'agit d'une "grande" cabane : ce qui implique forcément une organisation rigide des gardiens, de manière à pouvoir servir tout le monde. En dépit de cette organisation et de la charge des gardiens, il reste possible de discuter à bâtons rompus un moment avec les gardiens en fin de soirée.

Beaucoup de promeneurs considèrent que la montée à Bertol est en soi déjà une course sérieuse : sans aller jusque là, le dénivelé depuis Arolla couvre tout de même 1300 m, en deux tronçons séparés par des zones relativement peu raides. Il vaut mieux être équipé de chaussures correctes pour entreprendre l'accès à Bertol : pantoufles s'abstenir ! Certains étés particulièrement secs, l'accès n'était possible qu'en chaussant des crampons sous le col de Bertol. Le chemin s'élève directement depuis le fond du vallon d'Arolla (prise d'eau, petite retenue) rive droite pour arriver par une montée très sèche aux Plans de Bertol. Noter qu'au départ, l'itinéraire officiel impose un détour de vingt minutes par rapport au raccourci qui monte directement dans les rochers; les promeneurs peu sûrs utiliseront le chemin officiel, et les alpinistes prendront leurs responsabilités. On suit ensuite le vallon jusque sous le col de Bertol, d'où l'on s'élève dans le névé de manière plus ou moins rectiligne. En hiver, l'accès direct aux Plans de Bertol est impossible, ou à tout le moins fortement déconseillé : on suit le vallon d'Arolla sous le Mont Collon jusqu'à une deuxième prise d'eau qui marque la séparation des accès aux Bouquetins et à Bertol. De la prise d'eau, se diriger en direction générale Nord en direction des Plans de Bertol; juste avant l'arrivée aux Plans de Bertol, une pente raide doit être prise en écharpe, de droite vers la gauche, de manière à sortir sur la crète au point le plus bas (avant l'à-pic) de celle-ci; cette traversée peut comporter des risques d'avalanche.
 


Auteur : Markus Jaton