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Refuge d'Argentières

CAF

 

Le refuge d'Argentières est de construction relativement récente, et se veut d'architecture moderne. Le toit plat sert d'héliport, et le confort du refuge est assez sommaire. Ceci n'est pas le fait du gardien, assez sympa (du moins la dernière fois que j'y suis allé) en dépit d'une fréquentation prohibitive. Car il faut dire que le refuge d'Argentières a plusieurs caractéristiques faites pour plaire :

  • Il est très facile d'accès. Là télécabine des Grands Montets nous amène à 3400 m d'altitude, depuis où une traversée descendante (qui peut être délicate par mauvais temps) du glacier des Rognons amène sur le plateau du glacier d'Argentières. En hiver, c'est encore plus simple, grâce aux skis qui rendent la descente plus aisée. Le réchauffement climatique rend toutefois cet itinéraire hasardeux, en raison du danger de chutes de séracs en provenance du couloir Cordier.
  • Le site est majestueux. Le cirque d'Argentières est l'un des plus beaux des Alpes, et quand le soir tombe, la féérie des faces Nord (aiguille Verte, Grande Rocheuse, les Courtes, les Droites, etc...) opère sa magie. On reste devant le refuge, oubliant le froid vif tant le spectacle est intense. Par certains côtés, et par l'ambiance qu'il dégage, le site ressemble au Grand Mountet.
  • Les courses possibles sont exceptionnellement nombreuses et belles. En hiver, le col du Tour Noir, et le col et le passage d'Argentières sont des courses relativement faciles, mais tellement gratifiantes. La traversée du col du Chardonnet est un passage obligé sur le chemin de la Haute Route des Alpes Valaisannes (Chamonix-Zermett-Saas Fee). L'aiguille d'Argentières par le glacier du Milieu est une entrée dans le monde fermé du ski extrême. Enfin, la face NNE des Courtes, puis le couloir Couturier permettent d'apprécier des descentes très difficiles d'abord, très extrèmes pour le Couturier. En été, la nomenclature est trop longue pour la faire ici. Le livre de Gaston Rébuffat (les 100 plus belles courses du massif du Mont Blanc), ainsi que d'autres montrent à l'envi les possibilités exceptionnelles du cirque d'Argentières.

La fréquentation (parfois par des personnes n'ayant aucune idée de ce que peut être la haute montagne, à part les expériences vécues dans la disco d'Argentières) fait que plusieurs problèmes regrettables peuvent se faire jour dans le refuge. Ainsi, je suis venu au refuge une fois au mois de février, peu après une tempête de neige particulièrement violente. Le refuge n'était pas gardé, ce qui n'est guère surprenant à ce moment de l'année. Plus surprenant était le fait de trouver la porte du refuge grande ouverte ! Lorsque j'ai voulu pénétrer dans le refuge, j'ai pu constater les dégâts : la neige atteignait le plafond par endroits, et il m'a fallu creuser quelque peu pour dépasser le hall d'entrée, prévu normalement pour déposer ses souliers et matériel technique. Probablement que quelques touristes venus des Grands Montets ont consenti un effort exceptionnel pour voir le refuge de plus près (pensant peut-être y trouver à boire), et que dépités, ils sont partis en laissant la porte ouverte. J'ai signalé le fait au personnel du télécabine, à Argentières, mais cela n'a pas paru les intéresser outre mesure. Il ne faut pas s'étonner, en conséquence, si le confort est parfois un peu spartiate, du moins dans les dortoirs du bas : le bois dont est fait le refuge a eu l'occasion de se déformer à la suite de pareilles péripéties, et l'étanchéité n'est plus forcément garantie.

 

 Auteur : Markus Jaton
(03.2000 rev 03.2003)