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Mont DolentLe Mont Dolent constitue la pierre frontière entre trois pays, l'Italie, la France et la Suisse. Les versants français et suisses sont peu accessibles au ski, sauf par des Pierre Tardivel capables de faire les trois faces du Dolent vite fait sur le gaz. Le versant suisse compte deux itinéraires de très grande classe : l'arête Galley permet de quitter la face Nord au moment où elle devient franchement très difficile, alors que la face Nord directe continue dans un dédale de séracs avoisinant et dépassant souvent les cinquante degrés. Des barres de glace de plusieurs dizaines de mètres de haut barrent la descente : c'est la face impressionante que l'on peut découvrir de la cabane de l'A Neuve. Le versant français est encore plus difficile, bien que moins spectaculaire. La voie des Hirondelles n'est pas d'un abord très engageant, et plonge sur le glacier d'Argentières par un couloir encaissé à près de 60 degrés d'inclinaison. Le versant italien, par contraste, est plus engageant, on dirait presque débonnaire. Mais il ne faut pas le mépriser : il recèle aussi ses difficultés, même si elles ne sont pas toutes d'ordre technique; et ces difficultés sont exacerbées par le caractère très physique de la course. On cotera cette course AD+, en n'oubliant pas qu'une fatigue excessive peut rapidement rendre une petite faiblesse dramatique ! Le départ de la course est le village de La Fouly, à 1600 m d'altitude. Le sommet du Dolent est à 3800 mètres d'altitude. Entre ces deux points, le refuge - bivouac Fiorio, une douzaine de places insalubres et prises d'assaut le week-end. Donc, un dénivelé de 2200 m à peu près. Le problème est ainsi posé. Le départ de La Fouly doit être planifié vers 2 ou 3 heures du matin, à la lampe frontale. On s'allègera au maximum : les couteaux sont indispensables, ainsi qu'un petit piolet. Mais on peut renoncer aux crampons, et ne prendre qu'une cordelette de 20 m en 6 mm pour deux personnes. Un ravitaillement (thermos, gourde, barres de céréales) est indispensable. De la Fouly, on gagne la combe des Fonds que l'on remonte entièrement. Si il y a danger d'avalanches, tôt en saison, on partira du hameau de Le Clou, et on montera en direction de l'alpage de la Léchère pour rejoindre le petit vallon qui mêne au col Ferret. En direction générale Sud, on se dirige vers le col Ferret. A gauche se situe la tête de Ferret, qui peut constituer un joli but de promenade pour une course d'un jour au départ de la Fouly. De là, continuer à peu près horizontalement à droite (direction générale Ouest) dans une pente assez raide que l'on traverse à flanc de coteau. Cette pente peut être délicate lorsque les conditions sont mauvaises, ou que la neige est très ramollie. Cette remarque est en particulier importante dans le cas de retours tardifs, pas improbables au regard de la fatigue générée par un tel dénivelé. Le matin, il faut prévoir l'utilisation des couteaux. On arrive sur une petite selle d'où l'on peut poursuivre la montée en direction nord-ouest, jusqu'à atteindre les bivouacs Fiorio que l'on dépasse par le haut. Continuer jusqu'à atteindre une grande pente que l'on remonte complètement le long de plusieurs paliers, le dernier étant très raide, et nécessitant l'usage du piolet (ou des crampons, si vous avez eu le courage de les traîner jusque là) en cas de neige dure. Ceux qui veulent monter à skis ont intérêt à se tenir plutôt à gauche, étant entendu que les conversions droites se font avec une vue intéressante sur le glacier de Pré du Bar, 500 mètres plus bas, entre les spatules... Au col entre le Dolent et les monts Grépillon, la plupart posent les skis pour gravir le sommet. Il est pourtant possible de partir à skis pratiquement du sommet, mais les premiers virages sont très exposés; avec cette difficulté supplémentaire, la course doit être cotée franchement D. La difficulté provient de la raideur d'une part, et du fait qu'une chute en neige dure n'a que peu de chances d'être rattrapée avant le glacier de Pré du Bar, 700 mètres plus bas... La descente se fait sur les traces de montée. En cas d'horaire un peu juste, la traversée vers le col Ferret peut s'avérer dangereuse. Le plus sage est alors de bivouaquer au refuge Fiorio, tant bien que mal. Une autre solution serait de remonter une arête rocheuse au-dessus du col Ferret, et de là descendre en trace directe en direction de la Tête de Ferret, mais c'est une option un peu desespérée, et pénible de surcroît. La suite de la descente ne présente pas de problèmes particuliers, à part des avalanches toujours possibles en provenance des Monts Allobroges, et des hauts de la Combe des Fonds. Là encore, on peut éviter la combe des Fonds en descendant sur la droite en direction de La Léchère et Ferret plutôt que de s'engager dans la combe des Fonds. Le risque est alors minime. Du hameau du Clou, où l'on arrive, suivre la route jusqu'à La Fouly où la terrasse de l'hôtel des Glaciers vous attend pour un rinçage de gosier amplement mérité. |