Les périodes favorables sont traditionnellement les mois d'avril et mai; il m'est arrivé de parcourir certaines étapes
en février, mais l'usage des crampons est alors très fréquent. Inversément, en juin il n'y a plus grand monde, mais il faut souvent
parcourir de longs secteurs de liaison à pied. Les refuges ne sont pas gardés
(en mars non plus d'ailleurs) et les sacs peuvent être conséquents. Tant qu'à faire, on peut alors envisager le bivouac
qui ajoutera à l'aventure...
Dans la grande majorité des cas, le départ se fait à Argentières, au départ de la télécabine des Grands Montets;
sauf pour les stakhanovistes et les optimistes forcenés, le but du premier jour est d'atteindre le
refuge d'Argentières.
Quelques amateurs de solitude essaient bien de dormir au refuge Albert Premier pour rejoindre la route classique à Trient, mais ce n'est pas pratique, et
l'accès à Albert Premier depuis Mont Roc est pénible et dangereux; par le col du Passon, c'est plus sûr, mais assez long aussi.
D'Argentières, souvent bondé, on repartira le lendemain en légère descente en direction du glacier du Chardonnet (par brouillard,
ne pas prendre le glacier du Milieu, c'est magnifique aussi, mais
c'est une autre course !) on gravira le col du Chardonnet (3321m, 3 heures) pour découvrir le petit couloir raide qui tombe littéralement sur le glacier de Saleina.
C'est depuis ici que les variantes peuvent s'envisager.
La rapide :
Argentières-Verbier-Pigne d'Arolla-Tête Blanche-Zermatt
Du bas du couloir, partir sur la gauche aussi horizontalement que possible (Nord-Est jusqu'à l'aplomb de la Grande Fourche, point 3084, puis Nord) en direction de la fenêtre de Saleina, visible à une petite heure
de marche. Gravir la pente raide au-dessus de la rimaye (parfois athlétique à franchir, une broche peut rassurer certains..., mais d'autres fois,
elle est invisible) pour déboucher sur le plateau du Trient. La
cabane du Trient se trouve en direction générale Nord-Est; par mauvaise visibilité, on peut longer
l'arête des Aiguilles Dorées (sommet 3412m) jusqu'à sa base, puis viser plein Nord-Est jusqu'aux rochers (45 min., voire 1h 15 selon la neige, il y a 1800 mètres,
assez exactement). Depuis les rochers, la cabane est à moins de 100m; en montant, on retrouve le chemin d'été assez facilement. Depuis le bas du col du Chardonnet, 3 heures permettent d'arriver
à Trient.
Ensuite (souvent le lendemain) l'itinéraire continue d'abord au Nord, pour atteindre le col des Ecandies, d'où une descente dans le vallon mêne au village de Champex.
Rester plutôt rive droite, il y aura probablement moins à pousser à l'arrivée ! Dans la forêt, suivre la route; en juin, celle-ci est déneigée.
De Champex, on prend le car postal ou le taxi (la liaison n'est pas évidente en toute saison, se renseigner sur place sur les meilleures possibilités)
pour gagner Orsières, puis le Châble, puis Verbier (Médran), d'où part la télécabine vers les Ruinettes et les Attelas. Des Ruinettes, une heure de montée sur une
route puis les pistes mêne à la cabane Mont Fort; des Attelas, on peut y parvenir en descente; on peut même faire mieux en partant du Mont Gelé ou du col des Gentianes,
atteignables par les remontées mécaniques, voire du Mont Fort lui-même qui permettrait d'aller le même jour au refuge de Prafleuri, mais il faut alors arriver très tôt
à Verbier. De Trient à Mont Fort, le temps est essentiellement fonction des remontées mécaniques
De la
cabane Mont Fort, monter vers l'Est en direction du col de la Chaux, puis viser le col de Momin (le col de Louvie peut aussi faire l'affaire, c'est à peine plus long,
mais on perd un peu plus d'altitude) dans la même direction générale, puis enfin le sommet de la Rosablanche. Il n'est pas absolument indispensable de passer par le sommet,
nombre de cordées évitent la Rosablanche par le col de Sévereu, qui raccourcit l'étape de 1 à 2 heures, selon les conditions (pentes raides parfois avalancheuses), mais
la vue du sommet paie les efforts consentis... La descente peut se faire par le glacier de Prafleuri, la cabane du même nom, le col des Roux (petite remontée), la Barma,
et enfin une TRES longue remontée en faux plat le long de la Grande Dixence (l'un des plus grands lacs artificiels de haute montagne en Europe) jusqu'à la cabane
des Dix. On peut alléger le parcours en descendant un couloir très raide à 100m Nord-Est du sommet de la Rosablanche qui arrive directement sur la Barma.
S'abstenir en conditions avalancheuses, bien sûr, mais autrement, on gagne bien deux heures, voire plus grâce à l'économie d'efforts !
L'arrivée aux Dix, après passage au Pas du Chat, est ressentie diversement par les protagonistes : l'étape a été très longue, et la fin assez peu intéressante. Il faut
se dire très fort que le lendemain et le surlendemain, des étapes de rêve nous attendent. Il est possible de diviser l'étape en deux en dormant à la cabane de Prafleuri,
en principe non gardée. De Mont Fort aux Dix, compter dix heures de parcours, même si c'est faisable en la moitié de ce temps.
De la
cabane des Dix, redescendre sur le glacier des Dix que l'on traverse en direction Sud-Est pour attaquer le glacier de Tséna Réfien, le long des pointes du même nom.
Remonter par une série de conversions serrées le glacier (rester assez loin de la chute de séracs du glacier : même par moins 20, les incidents ne sont pas rares...) pour déboucher
sur le plateau de la Serpentine, fermé par le mur du même nom. Ce mur se passe à gauche, mais pas trop tout de même, pour ne pas surplomber le glacier de Tsijiore Nouve
qui nous mênerait assez rapidement à Arolla, mais dans un état final douteux... En mars, crampons et broches sont souvent obligatoires, alors qu'en avril-mai, on passe
généralement skis aux pieds. On débouche ensuite sur le plat du Breney : suivre la courbe de niveau pour arriver en pente douce au sommet du Pigne d'Arolla (3790m),
qui sera le point culminant de la Haute Route (à moins de faire un "extra" à la Tête de Valpelline). La descente sur les Vignettes part de quelque cinquante mètres
au Sud du sommet : c'est la plus belle descente de tout le parcours, malheureusement souvent pistée en raison des déposes en hélicoptère au sommet du Pigne. Parvenu aux séracs
du bas du glacier, contourner ces séracs par la droite (souvent, il est aussi possible de les traverser directement à l'aplomb du col des Vignettes, ce qui rend
la descente d'autant plus attreyante !) puis rejoindre le col et la
cabane des Vignettes à 50 mètres à l'Est du col.
Des Vignettes, rejoindre le plat de Chermotane (3053m) puis se diriger Sud-Est (à gauche du Petit Mont Collon) pour remonter le glacier du Mont Collon; rester d'abord rive gauche du
glacier, puis dés le col du Petit Mont Collon dépassé, et selon les crevasses, revenir au milieu du glacier, puis plutôt rive droite pour atteindre le col
de l'Evêque; descendre en direction du col Collon en restant plutôt rive droite, rester aussi haut que possible sous la Vierge pour prendre pied sur le Haut Glacier d'Arolla.
La petite cabane des
Bouquetins est visible sur son promontoire, de l'autre côté du glacier. Elle peut servir de halte
si les Vignettes sont bondées, ou pour raccourcir l'étape suivante. En cas de surfréquentation, il est d'ailleurs aussi possible de gagner, par une descente
d'une demi-heure, le
rifugio Nacamuli (ou col Collon) sur le versant italien; le lendemain, une petite heure nous ramènera à pied d'oeuvre...
L'accès au col du Mont Brûlé est difficile à repérer par mauvaises conditions : ne surtout pas se laisser
attirer par la pente douce qui mêne au Sud est au col de Tsa de Tsdan : le col n'est pas franchissable. Du pied de la Vierge, on peut prendre un azimut plein Est, alors que
des Bouquetins, on tentera de rester à provimité des rochers de l'arête des Bouquetins d'où l'on parvient infailliblement au col. Le col lui-même est assez raide;
par neige glacée, les crampons peuvent être utiles, mais généralement les couteaux suffisent.
Redescendre pour prendre pied sur le glacier de Tsa de Tsan : rester aussi haut que possible, près des rcohers de l'arête des Bouquetins et ne surtout pas se rapprocher de la chute
instable du glacier sur la Valpelline : il y a eu de nombreux accidents dûs au brouillard dans cette région et il est inutile de vouloir allonger cette liste. Remettre les
peaux et remonter le Haut glacier de Tsa de Tsan jusqu'au col de Valpelline. Ceux qui en ont encore la force ajouteront vingt minutes pour gravir
Tête Blanche (3710m) ou
la Tête de Valpelline (3799m) : la vue en vaut la peine, largement ! C'est l'instant probablement le plus intense de tout le raid.
On redescend ensuite le glacier du Stockji, assez tourmenté; vers 3100 m environ, obliquer sur la droite, au-dessous d'une barre de séracs très spectaculaire, pour aborder
la Stockjimauer (mur du Stockji). Ce secteur est souvent avalancheux : en cas de doute, on restera au pied des séracs et on se dirigera franchement au Sud-Ouest pour revenir sous
le mur ensuite. La suite est évidente; au moment de parvenir sur le plat de Schoenbiel (la
cabane est sur un promontoire, bien visible à gauche, face à la face Nord du Cervin,
il faut choisir entre pousser longuement ou perdre le moins d'altitude possible. Dans le second cas, prendre très tôt rive droite du glacier, sur les flancs morainiques,
tout en étant conscient que l'on se trouve sous la face nord du Cervin, et que le Cervin est une pile d'assiettes qui ne demandent qu'à obéir à la force de la gravitation !
Au bout du plateau, un chemin bien marqué remonte de quelque 30 mètres en direction de Stafelalp, où on rejoint les pistes balisées de Zermatt, secteur Schwarzsee. Le sympathique
restaurant qui se trouve à cet endroit semble inviter à un casse-croûte bien mérité : en fait, les prix pratiqués étaient, lors de mon dernier passage, dignes d'un
trois étoiles, alors que le sandwich mettait les restoroutes au rang de chefs d'oeuvre de la tradition culinaire. Mieux vaut se rapprocher de Zermatt : en mai-juin, il faut
encore une petite heure de marche sur le chemin goudronné de Zmutt pour rejoindre Furi; une demi-heure de plus nous mêne à la gare de Zermatt pour la mauvaise surprise de
fin de course, à savoir le prix du billet ramenant en plaine, à Visp; il est bien sûr possible de prendre directement le billet pour Chamonix si la voiture est restée là-bas.
Horaires :
Argentières - refuge d'Argentières le premier jour; refuge d'Argentières - cabane du Trient le deuxième jour (6 heures), cabane du Trient - cabane Mont Fort le troisième jour,
cabane Mont Fort - cabane des Dix le quatrième jour (10 heures), cabane des Dix - Vignettes (4 heures, ou Bouquetins, 6 heures) le cinquième jour, Vignettes - Zermatt
le sixième (8-10 heures). En prenant une benne assez tôt
à Argentières, il est possible de monter directement à la cabane du Trient le premier jour; certains parviennent même à Mont Fort en un jour, mais ceci demande un taxi, et
beaucoup de chance au départ d'Argentières Les premières bennes sont traditionnellement prises d'assaut, au sens propre du terme, par les riders, dont certains sont
là depuis 4-5 heures du matin pour ne pas manquer une hypothétique descente vierge de traces aux Grands Montets). Au départ du refuge d'Argentières, il est en revanche tout
à fait possible et raisonnable d'envisager de passer la nuit à Mont Fort,
L'historique (ou presque) :
Argentières-Bourg St.Pierre-Chanrion-Chermotane-Col de l'Evêque-Tête Blanche-Zermatt
Il s'agit d'un itinéraire assez proche de celui suivi en deux temps par la célèbre cordée de Joseph Ravanel, dit "le Rouge", en 1903.
Plus alpin que le précédent, cet itinéraire demande aussi plus de compétences et de matériel alpin. Pour être fidèle à l'original, il faudrait remonter le long
glacier d'Otemma de Chanrion en direction du col de l'Evêque; je propose une variante plus sympa passant par le Pigne d'Arolla. Si c'est légèrement plus long, c'est aussi beaucoup plus beau et plus varié. Et puis, il
y a une belle descente, et le ski, c'est fait pour ça, non ?
Jusqu'à Champex, on suit le même tracé que pour le premier itinéraire, mais on choisit une automobile postale qui puisse nous amener à Bourg St.Pierre. Demander au conducteur de nous arrêter
à l'entrée des galeries couvertes; une ancienne station-service à droite en montant est située face au départ du chemin d'été de la cabane de Valsorey. Suivre le vallon du Valsorey
en dépassant les chalets d'Amont, et gagner la cabane de Valsorey juchée sur son promontoire. On reste le long de la Dranse de Valsorey jusqu'au deuxième pont, à partir duquel on
se dirige franchement à gauche en montant. Un nombre assez impressionnant de conversions plus tard, la cabane est atteinte (!). Là aussi, au départ du refuge d'Argentières,
l'arrivée le soir même à Valsorey est tout à fait envisageable pour des randonneurs bien entraînés.
De Valsorey, monter (partiellement à pieds, skis sur le sac) la pente raide menant au plateau du couloir et au bivouac Biagio Musso. Pour des personnes très entraînées, il est possible de gravir le Grand Combin, surtout
en fin de saison (juin), par la face Sud. Il est même possible de traîner les skis au sommet, mais la descente est sévère : ce n'est pas pour rien que la première descente à skis
de la face Sud du Combin a été le fait de Stefano di Benedetti. Cette face ne peut se comparer aux grands couloirs du Mont Blanc en termes de raideur, mais la chute
est néanmoins interdite. Gagner, par une pente soutenue, le glacier de Sonadon, et franchir le col homonyme.Descendre ensuite le glacier Durand en faisant un crochet par la droite
sous le colle Amiante (3308m), puis continuer la descente facile jusqu'à parvenir à l'altitude 2700m environ. Le but est de franchir une petite crète au Nord-Est du mont Avril; sitôt cette crête
franchie (quelques minutes de remontée), descendre dans le fond de la vallée en direction sud-est, franchir la Dranse de Bagnes et rechausser les peaux de phoque pour parvenir en
direction nord à la cabane de Chanrion (2462m).
De Chanrion, gagner en direction nord le glacier du Breney que l'on remonte entièrement jusqu'au col du Breney. Au pied de la Serpentine, il est plus sûr de rester rive droite
du glacier, le long des rochers. Dés le col du Breney, on rejoint le Pigne d'Arolla, et l'itinéraire précédent que l'on suit jusqu'à Zermatt.
Horaires :
Argentières - refuge d'Argentières le premier jour; refuge d'Argentières - cabane du Trient le deuxième jour (6 heures), cabane du Trient - cabane
Valsorey le troisième jour (de Bourg St.Pierre à Valsorey, 5-6 heures), Valsorey - Chanrion 6 heures (avec escalade du Gd Combin, ajouter 4-5 heures) le quatrième jour,
Chanrion - Vignettes 7 heures le cinquième jour, Vignettes - Zermatt 8-10 heures le sixième jour.
Pour les purs, qui ont le temps :
Argentières-La Fouly-Hospice du Gd. St Bernard-Valsorey-Chanrion-Pigne d'Arolla-Tête Blanche-Zermatt

Le principal problème de la Haute Route des Alpes Pennines est la jonction entre le massif du Mont Blanc et les Alpes Valaisannes (ou Pennines) : les itinéraires
classiques utilisent les transports en commun entre Champex et Verbier ou Bourg St. Pierre. Les puristes crient au scandale; plus modestement, j'y trouve toutefois une
légère faute de goût. D'autant qu'il est possible de faire sans, mais c'est plus long. Enfin, voici toujours une proposition; il est possible de trouver d'autres variantes, mais
je ne les ai pas essayées personnellement. Noter que cet itinéraire est nettement plus alpin que les autres, surtout lors de la traversée sur la Fouly !
Au bas du col du Chardonnet, au lieu de se diriger vers la fenêtre de Saleinaz, viser le bas de l'arête Est de l'aiguille d'Argentières, la contourner, et se diriger vers la Grande Lui,
dans un cirque relativement peu pentu qui se termine par une pente très raide (plus de 50 degrés, je pense), que l'on gravit en crampons. Suivre la crête pour parvenir au sommet de la Grande Lui (3509 m).
Cette pente n'est pas toujours praticable : en particulier, si elle est cornichée au sommet, il vaut mieux renoncer; dans ce cas, on peut essayer de contourner la Grande Lui
en visant la base de l'arête qui descend du sommet sur le glacier de Saleinaz, puis emprunter le bras de glacier à gauche de l'arête jusqu'au col de la Grande Lui,
moins escarpé. En désespoir de cause,
on peut encore se rabattre sur la cabane de Saleinaz, et remonter le lendemain au col des Planereuses pour gagner la cabane de l'A Neuve par l'itinéraire des trois cols,
et la descente sur la Fouly
le lendemain, mais on aura sacrifié un jour. Bien que tout soit relatif : on a aussi gagné un jour en montagne...
Du sommet de la Grande Lui, descendre ensuite en direction de la
cabane de l'A Neuve. Se souvenir qu'il s'agit d'un versant Est, très exposé au soleil, et
tout de même de déclivité respectable ! Le danger d'avalanches, l'après-midi, ne doit pas être négligé.
Selon les conditions de neige (pas encore trop ramollie), il est préférable de descendre directement sur La Fouly et de dormir
dans les dortoirs de l'hôtel des Glaciers : une descente tôt le matin en neige très dure ne serait pas très agréable le lendemain.
De La Fouly, en direction générale Sud, gagner tout d'abord Ferret en suivant la route, puis se diriger vers les lacs de Fenêtre par des pentes assez raides et
souvent avalancheuses (socle herbeux !). Continuer en direction Sud pour passer la fenêtre de Ferret, et basculer sur l'Italie pour retrouver la route Napoléon qui mêne
en légère montée à l'hospice du Grand St.Bernard où l'on pourra passer la nuit. Cette étape est relativement courte (4 - 5 heures).
De l'hospice, descendre à Bourg St.Bernard et remonter 15 minutes le long de la piste du téléski de Plan du Jeu, puis obliquer au Nord en direction d'un chalet d'alpage.
Par une large traversée en écharpe, gagner le pied d'une arête qui descend d'un sommet peu marqué, mais indiqué sur les cartes: Croix de Tsousse. C'est ce sommet qu'il s'agit de gravir
par un large couloir assez raide que l'on découvre dés l'arête dépassée (il est d'ailleurs également visible depuis Bourg St. Bernard, départ des remontées mécaniques). De Croix de Tsousse,
descendre dans la large combe qui s'ouvre derrière, appelée Chaux de Jean Max. Selon les conditions d'enneigement, on visera le bas de la combe et les chalets d'Amont visibles sur
l'autre rive du Valsorey, ou au contraire on tirera dés que possible à droite (Est) pour ne pas perdre d'altitude : attention, il y a beaucoup de barres de rochers
dans le secteur de la Lui des Bores (à droite, donc) si bien qu'il vaut généralement mieux, dans le doute, gagner le pont sur le Valsorey, même s'il faut remonter un peu plus
après ! Des chalets d'Amont, on rejoint la trace de l'itinéraire que j'ai appelé "historique", et qui nous mêne à la cabane de Valsorey.
Horaires :
On peut se baser sur les horaires de l'itinéraire précédent; le trajet du refuge d'Argentières à la Fouly dépend des problèmes que l'on aura rencontré au
passage de la grande Lui. Compter 5 heures pour le trajet direct, 7 heures pour le passage par le col de la Grande Lui.De La Fouly à l'hospice du Grand St. Bernard,
5 heures devraient suffire, alors que de l'hospice à la cabane de Valsorey, il faut compter 6 heures.
Il est possible (certains de mes amis l'ont fait) de relier directement la Fouly à Valsorey. Des lacs de Fenêtre, un chemin passe directement sur Bourg St. Bernard en franchissant
le col des Chevaux (2754 m). Ce col est réputé non franchissable l'hiver, mais en fait, il suffit de trente mètres de varappe facile pour déboucher sur l'arête. Une demi-heure de descente nous
mêne ensuite à Bourg St. Bernard d'où l'on peut envisager de remonter à Croix de Tsousse. L'itinéraire m'a été donné pour huit heures de la Fouly à Valsorey...
Et la suite ?
Zermatt - Saas Fee - Simplon-Dorf
Il est bien sûr possible de continuer de Zermatt vers Saas Fee (cela se fait couramment), voire même sur Simplon-Dorf. De Zermatt, de nombreuses possibilités s'ouvrent
à l'amateur, dont la plus remarquable est l'enchaînement de la traversée des sommets du Mont Rose (Theodulhuette, Breithorn, Castor, Capanna Quintino Sella, Naso de Lyskamm,
rifugio Balmenhorn, punta Parrot, capanna Regina Margherita, ... ). Plus modestement, on peut prendre la télécabine du petit Cervin et descendre le
Schwaerzegletscher
pour relier la
cabane Monte Rosa. De là, remonter au Stockhornpass (accessible aussi depuis les remontées mécaniques du Gornergrat, mais bon, la descente du Schwaerzegletscher
est tellement belle...) et se diriger vers l'Adlerpass, bien visible au Nord-Nord-Est. Le Strahlhorn est faisable facilement au passage, en une heure 30 depuis le col. Attention
toutefois car les abords du col sont assez avalancheux en début d'après-midi déjà. Le sommet de l'Adlerpass se gravit presque toujours en crampons.
Traditionnellement, on descend sur Britannia et sur les pistes de ski de Saas Fee. En mars-avril, on peut se diriger vers le Fluchthorn sans le gravir, et viser la base
d'une arête qui descend en direction Nord, et qui se termine au point 3381. dépasser ce point vers l'Est, et descendre en direction du barrage de Mattmark.
La route et un tunnel permettent ensuite de regagner Saas Almagell.
On peut continuer en direction de Simplon Dorf en utilisant les remontées mécaniques de Saas Grund; je ne l'ai quant à moi jamais fait.